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  • Seashell Rafini

"Un endroit où les enfants peuvent participer aux décisions ? Ça n'existe pas ! »


Cette phrase, c'est celle d'un ado de 13 ou 14 ans venu avec ses parents assister à une de nos réunions publiques. Il a écouté un des membres de l’équipe expliquer ce qu'est une école de type Sudbury, et d'un air très désabusé, comme s'il disait "me prenez pas pour un idiot", il a dit que ce dont on parlait là, ça n'existait pas.


Et ça m'a vraiment bousculée.

Je n'étais pas à côté de lui, je n'ai pas pu lui répondre, mais j'aurais bien aimé lui dire que si, ça existe, et que c'est ce qu'on veut faire. Qu'il peut nous faire confiance aussi, parce que nous, on lui fait confiance.


Je me souviens aussi de la réflexion de mon fils, quand il est rentré à la maison après son premier jour passé en lycée pro : "Enfin un endroit où les adultes nous respectent ! »


Et puis aussi de ma propre expérience, de mon arrivée au Lycée autogéré de Paris (le LAP) après un parcours hautement chaotique. Quelle découverte, cet endroit! Considération, liberté, respect, égalité… Ce sont ces mots qui me viennent à l’esprit en y repensant 30 ans plus tard. Ces mots qui n’existaient pas, pour moi, dans le système traditionnel, et dont je vivais l’absence comme une grande violence. Comme mon fils, comme cet adolescent désabusé, et comme tant d’autres.


Et je suis infiniment triste de constater que nos enfants, les enfants de notre société, s’habituent à ne pas être respectés. Ils acceptent, ils n’ont pas le choix.

Et s’ils refusent, ils auront droit à tout un tas de jolis qualificatifs. Ils seront taxés d’insolents, de dissipés, d’empêcheurs de tourner en rond mais surtout, et c’est un comble, on leur dira qu’ils ne sont pas respectueux.

Mais comment l’être hein ?

Comment donner ce qu’on ne reçoit pas ?

Y a-t-il un autre moyen de l’accepter que la soumission ? J’espère sincèrement que oui, qu’il y a un moyen que je ne connais pas.

Depuis 4 ans, je participe à la création d’une école, un lieu respectueux. Parce que j’estime que ce respect leur est dû exactement comme il nous est dû à nous et que je ne crois pas à cette idée qui me semble aujourd’hui complètement folle : l’enfant a besoin d’autorité pour grandir. Ou d’apprendre à obéir.



Je ne sais pas obéir et je hais l’autorité, aussi (faussement) bienveillante soit-elle. Et je m’en porte très bien, merci.

J’aime la liberté, j’aime réfléchir, argumenter et discuter avec des gens qui argumentent, changer d’avis ou faire changer d’avis, ou ni l’un ni l’autre mais entendre, comprendre et accepter le point de vue de l’autre. J’aime me faire ma propre opinion des choses et qu’elle ne soit quasiment jamais figée.

Et je dois ce dernier paragraphe au Lycée autogéré de Paris.


Alors créer une école démocratique est une des choses les plus sensées que j’ai faites dans ma vie. Parce que j’aimerais que tous les enfants puissent recevoir de la considération, du respect et une égalité entre eux et ceux qui! les entourent.



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